Le Pont Albert Louppe

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Pont Albert Louppe
Plougastel - Daoulas

Record mondial de portée en 1930.

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Un peu de technique et d'histoire

Le pont Albert Louppe a permis de relier d'une manière durable deux pays différents que sont le Léon et la Cornouaille, liaison qui n'était possible auparavant qu'en empruntant le bac à vapeur ou en faisant le détour par Landerneau. Mais cette prestigieuse réalisation a eu bien du mal à voir le jour. Ce n'est qu'en 1922, après différentes études, que le projet se concrétisa sous l'impulsion de Monsieur Louppe, président du Conseil général. Le chantier débuta en 1926, chantier exceptionnel tant par l'envergure des travaux à réaliser que par les moyens déployés. Eugène Freyssinet, concepteur de l'ouvrage, imagina lui-même les deux appareils transbordeurs nécessaires à l'acheminement des matériaux, appareils qu'aucune entreprise ne voulait se risquer à construire, vu l'importance du franchissement qui devait être de 700 m. Un gigantesque cintre, en bois cloué, le plus grand que l'on n'ait jamais réalisé, fut ensuite édifié sur la berge. Celui-ci fut transporté par deux chalands en béton armé, amenés à marée basse sous le cintre et mis à flot à marée haute. Douze mois suffirent pour construire les trois voûtes. Une galerie pour le passage d'une voie ferrée fut réalisée sous le tablier, mais jamais un rail n'y fut posé, le tranport routier ayant, à l'achèvement de l'ouvrage, détrôné le transport ferroviaire.
En 1944, les forces d'occupation dynamitèrent le pont, mais seule l'arche côté Brest fut détruite. Le bac reprit alors du service pendant trois ans, alors que l'on reconstruisait cette arche.
Des statues représentant un couple de léonard et un couple de cornouaillais ornent chaques extrémités de l'ouvrage.

L'ouvrage fut inauguré le 9 octobre 1930, en présence  du président Doumergue. Il devait être baptisé Pont de Plougastel, mais la mort du président du Conseil général, survenue quelques mois avant l'inauguration, en décida autrement. En hommage à cet homme, sans qui le projet n'aurait peut-être pas abouti, le Conseil général choisit de baptiser l'ouvrage Pont Albert Louppe. Cette journée inaugurale fut boudée par la population : des marins venaient de disparaître en mer quelques jours auparavant. Mais le dimanche 12 octobre en revanche, Monseigneur Duparc, évêque de Quimper et du Léon, bénissait le pont. La population participa activement aux processions qui se rejoignirent au milieu de l'ouvrage. Cette rencontre faillit être catastrophique : les gens s'entassaient progressivement sur l'ouvrage, sans issues possibles, et certains d'entre-eux manquèrent de passer par-dessus le parapet. A l'échelle des plus grands ponts du monde, cet ouvrage détint jusqu'en 1934 le record mondial de portée avec ses trois arcs en béton  armé de 186,40 m chacun.

En bref

Obstacle franchi : L'Elorn
Date de construction : 1926/1930
Matériaux : béton armé
Longueur : 888,15 m
Hauteur : 42,50 m
Constructeurs : Société des entreprises Limousin

A voir

Depuis le pont Albert Louppe, la vue s'échappe au loin sans obstacle majeur. d'un côté on découvre la vallée de l'Elorn, aux rives boisiées et cultivées qui descendent en pente douce vers cette rivière changeante au gré des marées, laissant apparaître , quand la mer se retire, de vastes étendues de plantes aquatiques.
De l'autre côté, la Rade de Brest s'étend jusqu'au goulet, étroit passage donnant sur le large. La Pointe des Espagnols en face, la presqu'île de Plougastel au sud et la ville de Brest au nord encadrent cette vue magnifique.