Visite commentée des expositions - Centre d'art passerelle

Bien au-delà d’un simple commentaire sur les œuvres exposées, ces rendez-vous permettent d’engager le visiteur dans une relation critique aux œuvres.

ANNA SOLAL // Le jardin

Les œuvres d'Anna Solal mettent en jeu un système de figuration quasi-primitif. Ou plus exactement : primordial. C'est-à-dire qu'ils remettent à plat toutes les catégories intrinsèques qui d'ordinaire appareillent notre regard, fondamentalement orientées par le rapport au réel. Leur processus de fabrication procède de l'espace-temps situé qui est celui de l'artiste, de sa position au sein d'une géographie, d'une organisation socio-économique et de symboles intégrés à l'imaginaire collectif.

Née en 1988, l'artiste se fait connaître par des assemblages qu'elle réalise à partir de matériaux urbains vernaculaires – des déchets, donc -, trouvés ou sourcés dans des circuits locaux et informels. Ecrans de smartphone brisés, semelles de chaussures de foot, rasoirs jetables, chaînes de vélo et divers bouts de ficelle et autres parties de métal, plastique et tissus sont manuellement cousus ou noués ensemble. Ils recomposent alors des horloges, des cerf-volants ou des hirondelles. Une manière, explique-t-elle, d'entrer le moins possible en relation de domination avec les matériaux.

À Passerelle, l'artiste se concentre sur l'espace du jardin. Les hirondelles s'y retrouvent, indice de l'impossibilité d'échapper au dehors, à ces matériaux déclassés de la rue, et à travers eux, à l'emprise totale qu'exerce sur chaque être humain, même chez lui, même dans ces lieux censément privés, d'un système où la dématérialisation permise par les technologies de communication pénètre les murs, informe les chairs et propulse le local dans l'échelle globale.


DÉAMBULATION DANS LA COLLECTION DU FRAC BRETAGNE // De la terre à la lune

Vingt ans après la dernière présentation des œuvres de la collection du Frac Bretagne à Passerelle, et au moment même où Etienne Bernard vient d'en être nommé nouveau directeur, cette exposition présente une sélection d'œuvres issues des dernières acquisitions, en regard de pièces plus historiques, invitant le spectateur pour une expédition onirique.

L'Abrestoise d'Olivier Tourenc et Les Grands Sélénites de Di Matteo nous entraînent dans un voyage de la Terre à la Lune, qui passe par l'Ithaque de Marcel Dinahet ou Maya, l'île perdue d'Alexandre Ponomarev. Le No Pipe d'Etienne Bossut donne la mesure, Guillaume Leblon et Stephen Pippin parlent du temps, Marcel Broodthaers rêve. Richard Long marche dans le paysage et y crée ses cercles magiques comme Wilfrid Almendra et son Grand Opus quand Nikolas Fouré et les Mesures, Marion Verboom et ses Concrétions ou Nicolas Floc'h nous ramènent sur terre. Gloria Friedman voit Le Soleil levant sur la rivière, à travers des tuyaux de plastiques, près des têtes de Méduses en terre cuite de Michel Gouéry. La Ventrue d'Anita Molinaro expose son extravagance et ses outrances, confrontée à la pureté des formes de Briac Leprêtre.

  • Dates : 16 novembre 2019
  • Horaires : 15:00 - 16:00, 14:00 - 18:30
  • Entrée : Payant
  • Tarifs : Tarif de base||4|